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Festival Les murs ne servent à rien

Tout un week-end de films, de lectures et d’échanges, pour entrer dans la question migratoire selon différents points de vue.

Article mis en ligne le 7 septembre 2020

Tout un week-end de films, de lectures et d’échanges, pour entrer dans la question migratoire selon différents points de vue. Il s’agira de sortir des idées préconçues, d’approfondir notre prise de conscience, d’apporter du contenu, de la complexité, de l’humanité, voire de la contradiction. Et surtout d’observer des réalités sur le long cours, grâce à des réalisateurs, des documentaristes, des chercheurs, des écrivains qui ont pris le temps de mesurer l’ampleur des enjeux et qui veulent nous les faire comprendre.

Programme :
SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2020
15h
L’asile pour les Nuls
Description dans les grandes lignes des différentes étapes de la demande d’asile.
Durée : 30 minutes

15h30
Lecture d’extraits de Je demande asile de Myriam Gaume, 2019, par Nadine Despert.
Myriam Gaume est journaliste au long cours (Caucase, Asie centrale, Europe de l’Est). Elle est aussi assesseur auprès de la Cour nationale du droit d’asile à Paris, et c’est de cette expérience qu’elle tire ce texte insolite, publié dans la revue Apulée.
Durée : 15 minutes

15h45
Défi de solidarité, film documentaire de Caroline Darroquy et Anne Richard, 2018.
En plein hiver, un garçon, visiblement très jeune, passe une nouvelle nuit dans la rue, faute de réponse sur son statut de « mineur isolé étranger ». Jusqu’au jour où un bénévole lui propose un matelas chez lui… Puis, un autre, un lit superposé… Un autre encore, une chambre... Chaque soir, à Paris, plus d’une centaine d’hébergeurs forme un réseau anonyme, Paris d’Exil, pour répondre à l’urgence, en attendant que l’État français décide ou non de la minorité de ces enfants. Mais pendant combien de temps cet élan citoyen sera-t-il viable ?
Durée : 63 minutes

PAUSE

17h45
Travail Exil Patrie, film documentaire de May Bouhada et Ludovic Vieuille, 2019.
Abou est arrivé en France à 16 ans, son chemin a croisé celui de May dans un train. Une rencontre fabriquée par notre époque : celle d’un jeune mineur déshérité d’Abidjan et d’une citoyenne française. Dès lors, ils engagent ensemble une lutte tenace dans les rouages paradoxaux de la mise à l’abri des jeunes exilés de notre pays. À 18 ans Abou n’est toujours pas scolarisé. C’est le film d’un exil, d’une précarité, d’un élan de survie.
Durée : 52 minutes

19h Repas

21h
À l’usage des vivants, court-métrage documentaire de Pauline Fonsny, 2019.
En 1998, Semira Adamu, Nigériane de 20 ans en séjour dit « irrégulier » sur le sol belge, mourait étouffée sous un coussin alors que la police tentait de l’expulser. 20 ans plus tard, dans un cri de guerre conjugué au féminin, deux femmes racontent. À travers leurs récits, elles mettent en lumière la réalité des centres fermés destinés à la détention des personnes migrantes, les conditions de ces enfermements, la souffrance des détenu-e-s, les exactions des gardiens et des gendarmes. Loin d’être un tombeau rendant hommage aux disparus, ce film est d’abord un message envoyé aux vivants d’aujourd’hui pour penser les politiques migratoires menées en Europe.
Durée : 28 minutes

21h30
L’Éveil, noctambules engagé-e-s pour les exilé-e-s, film documentaire d’Igor Geneste, 2020.
2015. À Paris et dans ses alentours, des exilé-e-s en grande détresse arrivent en nombre dans l’espoir d’une vie meilleure. Face à l’urgence, des citoyens solidaires s’organisent pour les mettre à l’abri. L’aide dont ils ont besoin s’accroît de jour en jour : c’est ainsi que des riverains, convaincus qu’il faut agir, et vite, se réunissent en associations pour leur prodiguer une aide quotidienne. À travers une succession de témoignages et d’images d’archives, le documentaire retrace la genèse de ce projet. On y retrouve des artistes (Je Mills, Agar Agar, Manu le Malin, Jacques, La Tendre Émeute...), des acteurs du monde associatif (Les Éveillés, Paris d’Exil, le PEROU), des personnalités du monde de la nuit (Jacob Khri, Adrien Delaeter...), tous ont participé à ce projet collectif d’un nouveau genre.
Durée : 52 minutes

DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2020
10h45
Lecture d’extraits de Naufragés sans visage : donner un nom aux victimes de la Méditerranée, de Cristina Cattaneo, traduit de l’italien par Pauline Colonna d’Istria, Albin Michel, 2019, par Chloé Peytermann.
Un sac contenant un peu de terre d’Érythrée, du Ghana, une carte de bibliothèque, un bulletin scolaire : autant de vestiges des vies brisées de ces hommes, femmes et enfants qui ont tout risqué pour un avenir meilleur. Les naufrages tragiques en Méditerranée ponctuent désormais l’actualité et ont fait de cette mer un véritable cimetière d’anonymes. En Italie, Cristina Cattaneo, médecin légiste, s’est donné pour mission d’identifier chaque disparu. Elle raconte son travail d’enquête au cours des mois passés à Melilli, en Sicile, après le naufrage du Barcone, qui transportait près de 1 000 personnes. Identifier des naufragés dont on ne sait d’où ils viennent et dont on peine à retrouver ceux qui pourraient les réclamer est une tâche ingrate, solitaire, qui demande patience, humilité et ténacité, dont personne ne veut se charger et qui doit donc justifier de sa nécessité. Dans ce livre qui a ému toute l’Italie, jusqu’au pape, l’auteure nous rappelle que c’est pourtant ce combat pour rendre justice aux morts sans nom qui fonde notre humanité.
Durée : 15 minutes

11h
Numéro 387, disparu en Méditerranée, film documentaire de Madeleine Leroyer co-écrit par Cécile Debarge, 2019.
C’est l’histoire de celles et ceux qui veillent sur les migrants oubliés. Plus de 20 000 personnes sont mortes en Méditerranée depuis 2014 selon l’Organisation Internationale pour les Migrations. 20 000 noms, oubliés, et autant de familles brisées. Que deviennent ces morts ? Qui les nomme ? Comment les mères, les frères font-ils pour tenter de retrouver une trace de leurs disparus ? Numéro 387 nous emmène dans cette quête de l’identité et de la dignité fondée sur une enquête de plus de 3 ans.
Durée : 62 minutes
Le film sera suivi d’une discussion avec la réalisatrice, Madeleine Leroyer.

13h Repas

15h
Lecture d’extraits de Au pays des disparus de Taina Tervonen, Fayard, 2019, par Virginie Komaniecki.
Taina Tervonen remonte le fil   de l’histoire d’un migrant anonyme, décédé à bord du chalutier clandestin qui a fait naufrage dans les eaux internationales au large de la Libye. Sa piste l’emmène de Milan à Catane, en passant par le Niger et le Sénégal. Sur sa route, elle croise des centaines de destins brisés aux portes de l’Europe et entend le désarroi de leurs proches face à l’impossible deuil. Une enquête, aussi bouleversante que vertigineuse, sur l’un des plus gros enjeux de notre temps. Taina Tervonen est journaliste et réalisatrice. Elle a travaillé sur les disparus en Bosnie et en Méditerranée.
Durée : 15 minutes

15h15
Teghadez Agadez, film documentaire de Morgane Wirtz, 2019.
Pendant vingt ans, André a gagné sa vie en organisant le transport de migrants entre Agadez, au Niger, et Sabha, en Libye. Pour lui, comme pour une large partie de la population d’Agadez, faire traverser le Sahara constituait une source importante de revenus. Mais en 2016, et avec le soutien financier de l’Union européenne, le Niger a promulgué une loi réprimant toute activité économique liée à la migration illicite. Depuis André se bat pour continuer à travailler, dans l’illégalité, avec les dérives que cela implique. Nous le suivons dans les rues d’Agadez et rencontrons Fifty, Boubacar, Mudatheir et Myriam, quatre personnes qui, pour des raisons très diverses, ont décidé de quitter leur pays à la recherche d’une vie meilleure. Trois d’entre elles ont fui la Libye après y avoir été incarcérées, torturées et vendues comme esclaves. Myriam, qui vient du Nigéria, n’a pas voulu courir ce risque et a préféré s’arrêter quelque temps à Agadez, avant de retourner à Lagos. Une immersion rare dans Agadez, ville-carrefour des migrations actuelles.
Durée : 52 minutes

19h Repas

21h
Green Boys, film documentaire d’Ariane Doublet, 2020.
C’est une histoire de rencontre, une histoire d’amitié. Au milieu des champs de lin et des pâturages avec vue sur la mer, dans le Pays de Caux, Louka, 13 ans, et Alhassane, 17 ans, jouent au foot, pêchent à l’épuisette, montent aux arbres. Alhassane vient de loin, Louka est d’ici mais tous deux semblent être apparus instantanément dans ce paysage-là : chacun a sa manière est la réincarnation du Petit Prince de Saint-Exupery. Jour après jour, ils s’apprivoisent et, au rythme de l’amitié qui se noue, construisent une cabane. La cabane, c’est celle que l’on bâtit en Guinée, le pays d’Alhassane, et plus que le refuge de leur enfance, elle est comme un bout d’Afrique posé là, à flanc de colline. Les promeneurs qui passent sur le chemin semblent y venir en voyage. Dans la cabane, Alhassane ne veut pas dormir la nuit. Il a peur des diables. Louka, lui, n’y croit pas. Mais ce qui les sépare les lie tout autant que ce qui les réunit. Cette histoire de petits princes, l’un à l’orée de l’adolescence, l’autre au bord de l’âge adulte, est une histoire mise en scène avec douceur : cadres ouverts sur l’horizon, plans qui s’étirent dans le décor paisible d’une ruralité qui semble échapper à toute violence. Moment précieux, filmé comme hors du temps, cette amitié qu’Ariane Doublet conte avec délicatesse, n’est pas seulement porteuse d’espoir, elle apparaît plutôt comme une parenthèse enchantée.

Durée : 71 minutes

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